Ligue 1 - Bordeaux-Montpellier, le choc inattendu

A 12 journées de la fin de la saison, qui aurait pensé que les Girondins de Bordeaux accueilleraient le promu montpelliérain pour le titre ? Et pourtant, les Aquitains ont une marge de manoeuvre étroite avant d'affronter l'équipe de René Girard, prête à tout pour faire tomber la bande à Marouane Chamakh.

By Demmerlé Arnaud

Marouane Chamakh, Bordeaux (Getty Images)
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On attendait Lyon et Marseille. Et si ces deux équipes sont en embuscade et aux aguets d'un faux-pas de l'un ou de l'autre, c'est bien Montpellier, qui joue les invités surprises, et qui est à douze étapes du feuilleton de la Ligue 1 l'outsider numéro un des champions de France, les Girondins de Bordeaux chez qui ils se rendent, ce dimanche pour le choc de cette 27e journée. Les deux clubs ne devaient normalement pas boxer dans la même catégorie, le club héraultais souhaitant avant tout assurer son maintien après plusieurs saisons dans l'antichambre hexagonale, ce qui est déjà fait, mais sur la lancée de leurs montée, Dzodic et consorts touchent un peu plus les étoiles et n'entendent pas terminer dans les cordes face au gros bras qu'est le squad de Laurent Blanc.

Bordeaux confiant, Montpellier sans pression

Ce dernier se montre en tout cas optimiste avant ce rendez-vous et n'idéalise pas le parcours de son adversaire : "Il nous faut gagner et prendre des points. Il s'avère que c'est contre une équipe de Montpellier qui est surprenante mais qui mérite sa place. J'ai beaucoup de respect pour Montpellier, mais de là à dire que Bordeaux tremble à l'idée de rencontrer Montpellier, c'est non. Ce qui prévaut également pour le MHSC, qui se rend en Gironde sans le moindre complexe, lui qui a déjà largement surpris et dépassé ses objectifs cette saison."Montpellier ne joue pas le titre. On va juste essayer de poser des problèmes à Bordeaux dimanche. Sur un match, tout est possible! Affronter la meilleure équipe de France dans cette position au classement, c'est pour nous un beau cadeau. Cela sera un match de haut niveau", promet Victor Hugo Montaño, le meilleur réalisateur montpelliérain avec neuf buts. 

" Je trouve que ce qu'ils font est très beau ", commentait à ce titre Lamine Sané cette semaine. Le jeune Bordelais se souvient parfaitement du match aller, joué en décembre dernier  (0-2) : "C'est une équipe joueuse, qui n'a pas peur d'aller de l'avant et qui pratique un très bon football. " Côté montpelliérain, Alberto Costa parle quant à lui « d'envie » lorsqu'on lui demande d'expliquer la saison exceptionnelle que réalise le MHSC. « Tino », ambitieux avant de se rendre en Gironde, se veut toutefois respectueux de la formation aquitaine : "On ne va pas s'enflammer, on va chez les Girondins, champions de France en titre. Ils sont favoris."Reste qu'en cas de victoire dimanche – dans ce qui sera bel et bien un sommet du championnat –, Montpellier passerait devant Bordeaux en tête de la Ligue 1.

Les trois plus grands Bordeaux-Montpellier :

1 1999 : match nul entre Européens…

Huitième à l’issue du championnat 1998-99, Montpellier entame la saison suivante avant tout le monde, en disputant la Coupe Intertoto, qu’il remporte après avoir sorti deux clubs allemands (Duisbourg puis Hambourg). Le 7 août, dès la 2e journée, les joueurs de Jean-Louis Gasset reçoivent Bordeaux, auréolé d’un 6e titre de champion, quelques mois plus tôt, au nez et à la barbe des Marseillais.

En ouverture, les deux équipes l’ont emporté : Bordeaux contre Bastia (3-2) et Montpellier à Lyon (2-1). Les coéquipiers de Franck Silvestre attaquent tambour battant : Dzodic ouvre le score (19e) et Loko double la mise dans la foulée (24e). Mais Micoud réduit le score avant la pause (39e) et Wiltord arrache finalement le match nul (2-2, 60e).

Sorti par le Deportivo La Corogne au 2e tour de la Coupe UEFA, le MHSC finira la saison 18e et dernier. Nenad Dzodic : « On débute la saison à la maison en recevant le champion. J’ouvre le score sur un coup-franc de Philippe (Delaye) je crois. Je saute entre deux défenseurs et je marque de la tête. On mène même 2-0 mais Bordeaux revient malgré un super match de notre part. Comme quoi, contre les grosses équipes, la moindre erreur se paie… Malgré tout, il y avait de la satisfaction. Grâce à l’Intertoto, on était déjà bien en jambes mais on a fini par payer cette préparation d’avant-saison plus courte. Physiquement, on a explosé. On est relégué à la fin de la saison malgré une des plus belles équipes qu’on ait eues sur le papier… »

2 1995-96 : à chacun sa claque…

Auteur d’un bon début de championnat, 6e après neuf matches, le MHSC se rend à Bordeaux qu’il précède de deux points avant cette 10e journée. Il en repart un point derrière après une claque 3-0, sa plus grosse défaite en terre girondine après un 4-1 en 1981-82.
Quelques mois plus tard, à La Mosson, les hommes de Michel Mézy prendront leur exacte revanche (3-0), Philippe Delaye clôturant le score de ce qui reste la plus large victoire d’un Montpellier-Hérault sur Bordeaux, qui finiront respectivement 6e et 16e.
Philippe Delaye : « Je ne me souviens pas trop du match mais je me rappelle très bien du but puisque c’était mon premier en pro. Pavon me décale sur la droite de la surface et je frappe. C’était Gaëtan Huard dans les barres, il y avait encore la tribune en bois en face… C’était une grosse perf’contre des Bordelais en difficulté en championnat mais qui atteignent cette année-là la finale de la Coupe UEFA. Nous, on tournait pas mal, surtout à la maison… »

3 2003 : la seule et unique fois…

Sauvé de justesse au terme d’une saison 2002-03 miraculeuse, qui vaudra à Gérard Bernardet un long périple cycliste jusqu’à Lourdes, le MHSC du capitaine Bruno Carotti attaque l’exercice suivant regonflé. Après un nul face à Rennes sur sa pelouse (1-1), il se rend dès la 2e journée à Chaban-Delmas où il l’emporte sous une chaleur accablante, pour la première fois de son histoire, grâce à un but de Habib Bamogo juste après la pause (46e). Un exploit qui ne l’empêchera pas d’être relégué pour de bon en fin de saison (20e), alors que Bordeaux déçoit également (12e).

Bruno Carotti : « On avait joué dans une fournaise. Physiquement, cela avait été très dur, face à une belle équipe contre laquelle on ne nous attendait pas. C’est Habib qui marque et, si je ne me souviens pas trop du but, je le revois parfaitement partir juste après, en levant les bras… Je retiens aussi l’après-match, la joie qu’on avait, avec les "anciens" surtout, Serge (Blanc), Jean-Christophe (Rouvière) ou Nenad (Dzodic) de l’emporter ici. On avait bien rigolé, après avoir si souvent perdu là-bas. On venait de vivre une saison compliquée, où on s’était sauvé de justesse. Peut-être qu’en début de saison on a profité de cet élan. Après, ça s’est mal enchaîné alors qu’on n’aurait jamais dû descendre. Ça aurait été plus normal l’année précédente… »

Huitième à l’issue du championnat 1998-99, Montpellier entame la saison suivante avant tout le monde, en disputant la Coupe Intertoto, qu’il remporte après avoir sorti deux clubs allemands (Duisbourg puis Hambourg). Le 7 août, dès la 2e journée, les joueurs de Jean-Louis Gasset reçoivent Bordeaux, auréolé d’un 6e titre de champion, quelques mois plus tôt, au nez et à la barbe des Marseillais.

En ouverture, les deux équipes l’ont emporté : Bordeaux contre Bastia (3-2) et Montpellier à Lyon (2-1). Les coéquipiers de Franck Silvestre attaquent tambour battant : Dzodic ouvre le score (19e) et Loko double la mise dans la foulée (24e). Mais Micoud réduit le score avant la pause (39e) et Wiltord arrache finalement le match nul (2-2, 60e).

Sorti par le Deportivo La Corogne au 2e tour de la Coupe UEFA, le MHSC finira la saison 18e et dernier. Nenad Dzodic : « On débute la saison à la maison en recevant le champion. J’ouvre le score sur un coup-franc de Philippe (Delaye) je crois. Je saute entre deux défenseurs et je marque de la tête. On mène même 2-0 mais Bordeaux revient malgré un super match de notre part. Comme quoi, contre les grosses équipes, la moindre erreur se paie… Malgré tout, il y avait de la satisfaction. Grâce à l’Intertoto, on était déjà bien en jambes mais on a fini par payer cette préparation d’avant-saison plus courte. Physiquement, on a explosé. On est relégué à la fin de la saison malgré une des plus belles équipes qu’on ait eues sur le papier… »

2 1995-96 : à chacun sa claque…

Auteur d’un bon début de championnat, 6e après neuf matches, le MHSC se rend à Bordeaux qu’il précède de deux points avant cette 10e journée. Il en repart un point derrière après une claque 3-0, sa plus grosse défaite en terre girondine après un 4-1 en 1981-82.
Quelques mois plus tard, à La Mosson, les hommes de Michel Mézy prendront leur exacte revanche (3-0), Philippe Delaye clôturant le score de ce qui reste la plus large victoire d’un Montpellier-Hérault sur Bordeaux, qui finiront respectivement 6e et 16e.
Philippe Delaye : « Je ne me souviens pas trop du match mais je me rappelle très bien du but puisque c’était mon premier en pro. Pavon me décale sur la droite de la surface et je frappe. C’était Gaëtan Huard dans les barres, il y avait encore la tribune en bois en face… C’était une grosse perf’contre des Bordelais en difficulté en championnat mais qui atteignent cette année-là la finale de la Coupe UEFA. Nous, on tournait pas mal, surtout à la maison… »

3 2003 : la seule et unique fois…

Sauvé de justesse au terme d’une saison 2002-03 miraculeuse, qui vaudra à Gérard Bernardet un long périple cycliste jusqu’à Lourdes, le MHSC du capitaine Bruno Carotti attaque l’exercice suivant regonflé. Après un nul face à Rennes sur sa pelouse (1-1), il se rend dès la 2e journée à Chaban-Delmas où il l’emporte sous une chaleur accablante, pour la première fois de son histoire, grâce à un but de Habib Bamogo juste après la pause (46e). Un exploit qui ne l’empêchera pas d’être relégué pour de bon en fin de saison (20e), alors que Bordeaux déçoit également (12e).

Bruno Carotti : « On avait joué dans une fournaise. Physiquement, cela avait été très dur, face à une belle équipe contre laquelle on ne nous attendait pas. C’est Habib qui marque et, si je ne me souviens pas trop du but, je le revois parfaitement partir juste après, en levant les bras… Je retiens aussi l’après-match, la joie qu’on avait, avec les "anciens" surtout, Serge (Blanc), Jean-Christophe (Rouvière) ou Nenad (Dzodic) de l’emporter ici. On avait bien rigolé, après avoir si souvent perdu là-bas. On venait de vivre une saison compliquée, où on s’était sauvé de justesse. Peut-être qu’en début de saison on a profité de cet élan. Après, ça s’est mal enchaîné alors qu’on n’aurait jamais dû descendre. Ça aurait été plus normal l’année précédente… »

Historique des confrontations :
Si les Montpelliérains ne devaient regarder que les statistiques, ils ne se donneraient sûrement pas la peine de se déplacer en Gironde. Ils en sont en effet repartis bredouille à 14 reprises sur 16 confrontations. Seul motif d'espoir, un match nul (1-1) en 1993-1994 mais surtout une victoire lors de la dernière visite des Héraultais à Chaban-Delmas en 2003-2004 (1-0). Un but de Bamogo avait offert la victoire aux hommes de Serge Delmas à l'époque.

Leurs 5 derniers matches :
Olympiakos - Bordeaux 0-1 (LdC, 8e de finale aller)
Lorient - Bordeaux 1-4 (CdL, ½ finale)
Bordeaux - Saint-Etienne 3-1 (L1, 24e j)
Bordeaux - Monaco 0-2 (CdF, 8e de finale)
Rennes - Bordeaux 4-2 (Ligue 1)

Montpellier - Rennes 3-1 (L1, 26e j)
Saint Etienne - Montpellier 1-0 (L1, 25e j)
Montpellier - Grenoble 1-0 (L1, 24e j)
Boulogne - Montpellier 0-2 (L1, 23e j)
Montpellier - Marseille 2-0 (L1, 22e j)

 

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